Justice des mineurs : répondez à un appel à projet de recherche

La direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) lance un appel à projet de recherche. Celui-ci porte sur les violences qui peuvent se présenter en établissement de placement éducatif. Vous avez jusqu'au 12 septembre 2022 pour y répondre.

L'appel à projet « Violence » porte sur la problématique des violences qui peuvent se présenter en établissement de placement éducatif. Il questionne les conditions d’émergence de ces incidents et cible les moyens de maîtriser les impacts de tels évènements sur les personnels, les jeunes et la mission éducative.

Plus important encore, ce travail de recherche vise à identifier les moyens de prévenir la survenue de ces débordements pour faire disparaître l’enjeu des violences du parcours des jeunes suivis par la PJJ, alors même que c’est une problématique à laquelle ils ont souvent été confrontés. L’équipe de recherche retenue verra son projet financé à hauteur de 60.000 € TTC.

Les dossiers doivent être envoyés avant le 12 septembre 2022, 17 h.

Affaire Recco : « La malédiction du berceau de la tortue »

À la fin des années 1920, dans un petit village de Corse-du-Sud, à Propiano, les Recco, une famille catholique de pécheurs de 11 enfants, est frappée par « la malédiction du berceau de la tortue ». L'un des enfants de la famille, Joseph-Thomas Recco dit Tommy Recco, défraye la chronique avec six meurtres entre 1960 et 1980.

Visuel procès historiques ©DROn raconte que le père Recco aurait tranché la tête d’une tortue géante échouée sur plage et aurait découpé sa carapace pour en faire le berceau de ses enfants. Depuis, la famille est frappée par la malédiction. À titre d’exemple, l’histoire de Tommy Recco.

En octobre 1960, le garde-pêche de Propiano, Joseph Casabianca, est retrouvé mort sur la plage, tué par arme à feu et couvert de coups. Une rumeur désigne alors comme coupable Tommy, le filleul de Casabianca. Tommy nie les faits et est soutenu par sa famille déjà endeuillée par la perte de deux enfants.

Un mois plus tard, le frère de Tommy, Pierre, se présente à la gendarmerie. Il déclare que Tommy a tué le garde-pêche, après que ce dernier a surpris les deux frères en train de pêcher à la dynamite.

À la suite de ces révélations, Tommy est arrêté et confirme devant les gendarmes les faits avant de se rétracter. Il est renvoyé devant la cour d’assises. Son procès s’ouvre en décembre 1962 en présence de toute la famille Recco dont sa mère, Micheline, qui clame l’innocence de son fils. À l’issue du procès, Tommy est condamné à mort à la décapitation pour le meurtre de son parrain. II est finalement gracié par le général de Gaulle et sa peine est commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

La double tuerie de Béziers et de Carqueiranne

Le 23 décembre 1979, deux ans après sa sortie de prison pour bonne conduite, Tommy Recco tue trois secrétaires à bout portant lors du braquage du supermarché Mammouth de Béziers (34). À ce moment précis, aucune piste ne se rapporte à Tommy Recco.

Le 18 janvier 1980, Tommy abat trois personnes dans une villa de Carqueiranne (83) : monsieur Le Goff, sa fille de 11 ans et un voisin. L’enquête révèle un contentieux qui oppose Tommy à monsieur Le Goff. Interrogé par les enquêteurs, Tommy nie d’abord les faits avant de reconnaître avoir abattu dans un premier temps, monsieur Le Goff après une dispute, puis dans un second temps, la jeune fille et le voisin pour qu’il n’y ait pas de témoins. Finalement, il se rétracte à nouveau.

En parallèle, deux rapprochements sont effectués entre les affaires du Mammouth de Béziers et la villa de Carqueiranne : le même mode opératoire et la même arme (un révolver Smith & Wesson) sont utilisés.

Le procès de Tommy « le Christ »

Le 6 juin 1983, s’ouvre le procès de Tommy Recco devant la cour d’assises de Draguignan (83). À la barre, un homme aux cheveux longs qui se déclare « innocent comme le Christ » apparaît. Ce procès oppose d’un côté, le clan Recco défendu par maître Paul Lombard et de l’autre, les familles des victimes.

Durant les audiences, les insultes fusent et les événements s’enchaînent. La mère de Tommy, prise d’émotions à la barre, vient embrasser son fils, malgré la désapprobation de la salle. Puis maître Gilbert Collard, plaidant pour une famille des victimes de Béziers, est interrompu par Tommy qui se met à chanter le morceau de Gianni Ferrio « Paroles, paroles ». Enfin, il y a cette déclaration de l’avocat général avant la mise en délibéré, qui dit « regretter de ne pouvoir requérir la peine de mort » en raison du comportement de l’accusé.

Au terme de ce procès, Joseph-Thomas Recco est jugé coupable et condamné à la réclusion criminelle à la perpétuité sans peine de sûreté. Détenu depuis 1980 dans la prison de Borgo, en Corse-du-Nord, il est le plus ancien détenu de France. Le 4 novembre 2021, le tribunal d’application des peines de Bastia rejette sa 21e demande de libération : le risque de récidive est trop grand. Cette récente décision témoigne du rôle central de la justice en tant que protectrice des citoyens.

Chronique rédigée par Armand Barbieux, étudiant en master 2 science politique