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Henriette Caillaux ou le dernier grand procès de la Belle Epoque

Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux, l'épouse du ministre des Finances, se présente à l'hôtel du journal Le Figaro et tue de six balles de révolver son directeur, Gaston Calmette. Le 20 juillet 1914, elle comparaît devant la cour d'assises de la Seine pour meurtre avec préméditation.
Le directeur du Figaro est assassiné

Déposé chaque jour dans les cafés, Le Figaro est un quotidien influent lu par toute la bourgeoisie française. La campagne de diffamation menée par le journal contre le ministre des Finances, Joseph Caillaux, a par conséquent une portée massive. L’objectif est clair : faire échouer le projet politique du ministre et anéantir l’effet de ses discours pacifistes vis-à-vis de l’Allemagne. La campagne du Figaro s’étend sur trois mois. Elle est composée de 110 articles qui accusent successivement le ministre de trafic, d’influence, de fraude fiscale et de connivence avec l’Allemagne. Le 10 mars 1914, la campagne prend une autre tournure. Gaston Calmette annonce qu’il va publier les correspondances privées du ministre, détenues par sa première épouse Berthes Gueydan. C’est l’annonce de trop pour son épouse actuelle, Henriette Caillaux. Le 16 mars 1914, à 18 heures, lorsque Gaston Calmette l’introduit dans son cabinet, elle sort de son manteau un petit pistolet et tire six coups. Le directeur du Figaro, touché à plusieurs reprises, succombe à ses blessures dans la nuit. Faisant écho à l’affaire Dreyfus, l’affaire Caillaux fait à nouveau cohabiter la sphère politique et la sphère médiatique au sein de l’arène juridique. Tous les éléments sont réunis pour faire du procès d’Henriette Caillaux l’un des grands procès de la Belle Epoque.

 

Un procès qui passionne la France

Le procès s’ouvre le 20 juillet 1914 devant la cour d’assises de la Seine. On se précipite pour prendre ses billets comme pour une pièce de théâtre ; on se dispute les meilleures places et on installe des ventilateurs pour éviter les évanouissements.

Au cours de l’été 1914, l’archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo mais on ne mesure pas encore la portée de cet événement. La presse française se passionne presque exclusivement pour l’affaire Henriette Caillaux. Les journaux se parent de photographies et d’illustrations pour mettre en scène l’affaire et attirer le plus de lecteurs possible. Le procès plaît car il est l’écho d’une crise intime médiatisée : une femme décide de venger son honneur et celui de son mari en tuant l’homme qui les a humiliés publiquement. Encore une fois, la presse française manifeste son engouement pour la dimension théâtrale de l’affaire. Le 18 mars 1914, L’Excelsior publie un article intitulé « La Tragédie du ‘Figaro’, la reconstitution de l’attentat ». Le Petit Journal titre, le 22 mars, «Tragique épilogue d’une querelle politique » et le 2 août, « Une cause sensationnelle aux assises de la Seine ».

Du 20 au 28 juillet, sept audiences sont tenues à la cour d’assises de la Seine. Celle de Berthe Gueydan, première épouse de Joseph Caillaux, concentre encore plus l’attention. Entre curiosité et voyeurisme, les Français veulent contempler le triptyque intime qui est au cœur de l’affaire Caillaux. Vêtue de noir, les cheveux bruns, gantée de blanc, Berthe Gueydan contraste théâtralement avec sa rivale Henriette Caillaux dont la chevelure blonde est ornée d’un chapeau à grandes plumes.

 

L’acquittement d’Henriette Caillaux

Aux assises, Henriette Caillaux est défendue par Fernand Labori, l’avocat qui a plaidé pour Alfred Dreyfus et Emile Zola à la fin du XIXe siècle. En face, Charles Chenu assure la défense de la partie civile. Dès l’ouverture du procès, ce dernier veut montrer que l’assassinat commis par Henriette Caillaux est un crime politique prémédité. Audience après audience, il s’efforce de convaincre les jurés que Joseph Caillaux a instrumentalisé son épouse quand il était encore ministre pour accomplir des desseins politiques. Mais la défense de Fernand Labori est subtilement élaborée. Il exploite avec adresse les stéréotypes sexistes et parvient à convaincre la cour que le meurtre commis par madame Caillaux est un crime passionnel : c’est l’acte ultime d’une femme désespérée par l’humiliation.

Alors qu’elle risquait la peine de mort, Henriette Caillaux est acquittée, le 28 juillet 1914. Le lendemain, L’Humanité et Le Figaro titrent respectivement « Mme Caillaux acquittée » et « Le verdict de la honte ». Les grands quotidiens ne réservent pas plus de quatre colonnes à la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie. L’affaire Caillaux continuera à faire la une des journaux jusqu’au 31 juillet, jour où Jean Jaurès est assassiné.

 

Pauline Gibert
Master 2 / IFP

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