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Table ronde 3 : vers une société résiliente ?

La dernière table-ronde de la journée, intitulée « Vers une société résiliente », s'est penchée sur la question de la résilience collective. Quelles sont les stratégies mises en oeuvre par les territoires et leurs citoyens afin de surmonter les chocs majeurs qui les frappent se sont interrogés les participants venus de New-York, de Londres, de Rome ou encore de Paris.

L’exemple de la ville de New-York a permis de mesurer toute l’importance de la mémoire dans la construction de la résilience. Grâce au Mémorial du 11 septembre 2001, la mémoire de l’événement est ainsi devenue un bien public qui sera transmis aux futures générations. La ville de Paris s’est également posée la question de ce qu’elle pouvait faire à court, moyen et long termes en s’appuyant sur les initiatives des citoyens après les vagues d’attentats de 2015. Elle a vu par la suite affluer les propositions individuelles et collectives, des propositions qu’il a fallu accueillir et formaliser. Beaucoup de particuliers ont, par exemple, souhaité se former aux premiers secours.

Dans la capitale britannique, on a vite constaté lors des attaques terroristes que les premiers à intervenir ne sont généralement pas les secours mais des résidents ou simples passants. D’où la nécessité d’encourager leur action et de la rendre plus efficace.

En Italie enfin, la question de la place des victimes de la mafia et de leur reconnaissance semble poser problème. Le simple recueil de leur identité n’est pas toujours d’actualité en l’absence de liste officielle et exhaustive. Le réseau européen Libera contribue à donner à ces victimes une visibilité sur internet et dans l’espace public.

 

Table ronde 3 : vers une société résiliente ?
Réflexion sur la reconstruction et la réaction collective

Modérateur :

Sébastien MAIRE, Haut Responsable de la Résilience de Paris

Participants :

Giulia BARUZZO, coordinateur du réseau européen de Libera. Associations, noms et numéros contre les mafias (Italie) 

Clifford CHANIN, vice-président exécutif et directeur adjoint des programmes du Mémorial 9/11 à New York (USA)

Fiona TWYCROSS, adjointe au Maire de Londres, chargée de la Sécurité et de la Résilience (Grande-Bretagne)

Colombe BROSSEL, adjointe à la Maire de Paris, chargée de la Sécurité, de la Prévention, de la Politique de la Ville et de l'Intégration (France)

Nelly FESSEAU, haut fonctionnaire, membre de l’Institut Résilience Citoyens (France)

 

Table ronde 3 : vers une société résiliente ?

Table ronde 2 : quels soutiens vers la résilience ?

Cette deuxième table ronde de la journée a mis en évidence un élément essentiel : la présence d'experts est indispensable pour répondre aux besoins des victimes, quel que soit le type de violence auquel elles ont été confrontées : actes de terrorisme, violences conjugales, pédophilie, accidents de la route…

Le processus de reconstruction peut être différent selon les cas ; comme le souligne d'ailleurs Jérôme Boulet, "en haut de la pyramide, il y a les besoins spécifiques à chaque individu." On remarque des traits communs de stress post-traumatique comme l'hyper-vigilance, les attaques de panique ou les phobies obsessionnelles mais c'est selon une temporalité qui lui est propre que chaque victime finira par trouver de l'apaisement.

L'aide proposée doit être à la fois d'ordre juridique et psychologique. La victime a d'abord besoin d'être reconnue par l'Etat, que cette reconnaissance s'inscrive dans le cadre d'un processus judiciaire. Elle doit aussi pouvoir être indemnisée au regard des violences qu'elle a subies. Les victimes directes d'acte de terrorisme commis depuis le 1er janvier 1982 disposent par exemple du statut de "victime civile de guerre". A ce titre, elles peuvent formuler une demande d'indemnisation via le guichet unique d’information et de déclaration pour les victimes.

Aider à la reconstruction, c’est aussi libérer la parole. Dans le cas de violences familiales, l’enfant victime a particulièrement besoin d’être accompagné. 80% des agressions sexuelles se situent dans la sphère familiale et l’enfant qui désigne un proche se trouve souvent aux prises avec un conflit de loyauté. Il parlera alors plus facilement avec le médecin, tenu au secret, que dans un commissariat.

Martine Brousse, présidente de l’association « La Voix de l’enfant » insiste sur le fait que la législation et les pratiques se réfèrent d’abord à l’adulte. Il est donc nécessaire de prendre en charge l'enfant victime en tant qu'enfant, de l’accueillir dans un lieu sécurisant et protecteur où il pourra parler plus librement. Depuis la loi  du 17 juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu’à la protection des mineurs, des unités pédiatriques d'accueil sont ouvertes dans les hôpitaux sur décision du procureur. Elles sont également ouvertes aux enfants-témoins.

Les processus d’aide aux victimes sont en place depuis 40 ans. Néanmoins, les participants ont insisté ici sur la nécessité de rendre la procédure et le processus judiciaires plus lisibles pour les victimes.

 

Table ronde 2 : quels soutiens vers la résilience ?
Réflexion sur les éléments pouvant favoriser la reconstruction individuelle des victimes

Modérateur :

Levent Altan, directeur de Victim Support Europe

Participants

Joëlle Milquet, conseillère spéciale sur l’indemnisation des victimes de la criminalité auprès du président de la Commission européenne (Belgique)  

Jeannot Mersh, président de la Fédération européenne des victimes de la route – FEVR (Luxembourg)

Lise Eilin Stene, médecin et chercheuse au Norwegian Centre for Violence and Traumatic Stress Studies – NKVTS (Norvège)

Jérôme Boulet, directeur de l’association d’aide aux victimes de Grenoble « Aide information victimes » (France)

Martine Brousse, présidente de l’association « La Voix de l’enfant » (France)

 

Table ronde 2 : quels soutiens vers la résilience ?