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Valorisation du football auprès des personnes détenues


A l’occasion de la coupe du monde féminine de football, le département des politiques sociales et des partenariats (IP2), en lien avec la Fédération française de football, et ses instances régionales et départementales, a financé des projets visant à promouvoir la pratique du football auprès des femmes détenues. Ainsi, 7 projets ont été retenus et mis en œuvre.

Les objectifs étaient :

  • Faire venir au sein des établissements des clubs locaux, amateurs et professionnels possédant une section féminine pour échanger sur la pratique sportive féminine et faire tomber des préjugés encore présents ;
  • Encourager la composition d’équipes totalement mixtes et proposer à la fois des tournois conviviaux et des activités autour de la santé et de la cohésion sociale.

Pas moins de 200 personnes (joueuses et joueurs, spectateurs, élus, organisateurs, représentants de clubs), dont une centaine de femmes détenues au total, étaient présentes sur l’ensemble des manifestations qui se sont déroulées, pour une grande majorité, durant la coupe du monde, entre le 7 juin et le 7 juillet.

A la maison d’arrêt de Nice, le 1er juillet, l’équipe des sports, sous la conduite de Christopher Aversano et de David Barois, a invité le district de la côte d’Azur, la section féminine de l’AS Cannes et les personnels de l’établissement à prendre part à un tournoi intégralement mixte. Ce moment convivial était associé à des ateliers d’arbitrage animés par des cadres du district (avec qui une convention est signée pour l’occasion) et d’autres animations dont l’intervention du musée de l’histoire des sports.

Au centre pénitentiaire de Vendin le Viel, le 14 juin, plusieurs joueuses de trois équipes féminines différentes, dont la capitaine de l’équipe de Reims, ont affronté les personnels et les détenus. Un challenge réussi, placé sous le signe du respect et de la convivialité. Dominique Parquet, coordonnateur de l’équipe des sports, souhaite d’ores et déjà programmer de nouvelles rencontres avec ces joueuses sensibilisées aux activités sportives proposées aux détenus.

A la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, le 7 juin, July Florentini, étudiante en stage, accompagnée par l’équipe de direction et les moniteurs de sport, a conduit deux projets, mis en œuvre en parallèle pour les hommes et les femmes détenues. Le 7 juin, Marine Cochelin et Daïna Bourma, anciennes joueuses de l’équipe de France junior en 1999, ont pris le temps d’échanger avec les femmes détenues et le personnel, et l'équipe féminine du club local du FC Croix Roussien est venu à l'occasion d'un tournoi féminin. Le 8 juin, leur pendant masculin menait un tournoi avec les détenus hommes.

A Rennes, de février à juin, le centre pénitentiaire pour femmes a vécu au rythme du football. L’équipe projet composée de Mathilde Desforges, Nicolas Margely, Jérôme Bodiguel, Helen Le Gallic et de deux surveillantes, a mis en œuvre un projet ambitieux en plusieurs étapes : phases régulières d’entrainements avec un groupe de 4 femmes, confrontation avec des équipes extérieures, échanges sur le football avec des joueuses professionnelles et le staff technique du club « En avant de Guingamp ». Cette équipe mixte, grâce à la ligue régionale, a assisté au match Japon-Ecosse le 14 juin au Roazhon Park.

Au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses, un projet a été lancé dès le 31 mai afin d’initier les femmes détenues aux jeux de ballons : pratique ludique (billard football, bubble football...), phases d'entrainements et d'apprentissage des règles de l'arbitrage... Afin de mettre en pratique les techniques acquises, une rencontre avec une équipe composée d'étudiantes et de membres de l'association "Bouger pour s'en sortir" a clôturé le projet.

Au centre pénitentiaire de Fresnes, sous l’impulsion de la fédération Léo-Lagrange et d’Estelle Adriencense, monitrice du service des sports, plusieurs femmes de la maison d’arrêt se sont initiées au football grâce à une collecte de chaussures de sport.

D’autres projets soutenus par les directions interrégionales ont vu le jour, comme au sein de la maison d’arrêt de Limoges, à la maison centrale de Clairvaux, au centre de détention de Joux-la-Ville ou encore à la maison d’arrêt de Valenciennes.

Maison d'arrêt de Limoges

Maison centrale de Clairvaux

Enfin, un dernier évènement se déroulera en Guyane le 19 juillet et permettra à de nombreuses femmes détenues de s’initier à ce sport qui se féminise d’année en année.

Du théâtre pour éduquer à la citoyenneté

Vendredi 12 juillet, 5 adolescents pris en charge par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), incarcérés à l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) du Rhône ont présenté leur création théâtrale : « L'ascenseur »

Depuis 10 ans, « Le Lien théâtre » travaille en partenariat avec le service éducatif de la PJJ au sein de l’EPM de Meyzieu pour faire du théâtre un vecteur d’éducation et de citoyenneté pour les mineurs incarcérés. Tout au long de l’année, 5 mineurs, 5 comédiens et 2 éducateurs ont participé à des ateliers d’improvisation qui ont abouti, vendredi dernier à la représentation finale, fruit de leur création.

Cette année c’est sur un décor d’ascenseur, lieu de la vie quotidienne rapprochant souvent des personnes d’horizons différents, que la troupe a choisi d’introduire les thèmes phares de ce spectacle. Harcèlement scolaire, égalité, préjugés, écologie ont été autant de sujets abordés par les jeunes au cours de la représentation, l’objectif étant de déconstruire les préjugés de chacun par le média éducatif du théâtre.

Avant d’être un spectacle, les ateliers d’improvisation ont été aussi de véritables espaces de paroles pour les mineurs détenus. « Beaucoup de choses ont été dites » racontent les deux éducateurs en charge du projet. Certains rôles ont aussi permis aux jeunes d’exprimer leurs maux. En effet, cette expérience, notamment par le choix de thèmes dans lesquels les adolescents pouvaient se reconnaître facilement, a permis aux participants de se livrer.

En fin de représentation, un des mineurs a même déclaré aux comédiens de la troupe : « Grâce à vous, on a eu la sensation de s’évader ».

 

Crédits photo : MJ/DPJJ/DR