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Attentat de Strasbourg du 11 décembre 2018

Le 11 décembre 2018, le marché de Noël de la ville de Strasbourg a été frappé par un attentat dont le bilan tragique s'élève aujourd'hui à cinq victimes décédées et dix blessées.

Attentat de Strasbourg du 11 décembre 2018 - Dispositif interministériel d’aide aux victimes ©DRLe soir même, le Premier ministre a décidé l’activation d’un dispositif étatique spécifique : la Cellule Interministérielle d’Aide aux Victimes (CIAV), située au ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Plusieurs agents du ministère de la Justice ont rejoint cette cellule de crise dès son activation aux côtés d’agents des ministères de l’Europe et des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des solidarités et de la Santé. Cette structure interministérielle est intervenue tant à Paris que sur place à Strasbourg, au plus près des victimes, afin d’assurer leur information et leur prise en charge à travers notamment un centre d’accueil des victimes. Outre l’accompagnement des victimes, la CIAV joue un rôle central dans la consolidation des informations relatives aux victimes provenant des différents ministères.

A Paris, des agents du ministère de la Justice ont été mobilisés au Quai d’Orsay durant toute la période de crise sept jours sur sept, afin de répondre aux familles ayant contacté la plateforme téléphonique mise en place immédiatement après l’attentat. Cette cellule a traité plus de 1000 appels sur une semaine, et a permis de localiser 450 personnes, grâce aux informations fournies par les sapeurs-pompiers, les SAMU, les hôpitaux, les cellules d’urgences Attentat de Strasbourg du 11 décembre 2018 - Dispositif interministériel d’aide aux victimes ©DRmédico-psychologiques et ainsi que celles communiquées par le parquet anti-terroriste en charge de l’enquête.

A Strasbourg,  plusieurs agents de la CIAV (du ministère de la Justice et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) ont été envoyés sur place pour aider la préfecture du Bas-Rhin à mettre en place un Centre d’accueil des familles. Plus de 50 personnes ont contribué en permanence au fonctionnement de ce centre parmi lesquels des membres de la Croix Rouge française, des sapeurs-pompiers, des associations d’aide aux victimes, de la Ville et de la Métropole de Strasbourg, de la Préfecture, des polices judiciaire et scientifique, des cellules d’urgence médico-psychologique. Le Fonds de Garantie des Victimes d’Actes de Terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) était également présent afin d’aider les victimes à constituer des dossiers d’indemnisation. Ce dispositif a reçu la semaine suivant l’attentat, 687 victimes et proches mais aussi toutes personnes souhaitant obtenir des informations sur des proches, sur leurs droits, les démarches à effectuer, ou encore bénéficier d’un soutien psychologique.

Un comité local d’aide aux victimes prenant le relais de la CIAV sur place, s’est réuni le mardi 18 décembre 2018, pour clôturer le dispositif de crise et ainsi basculer vers la mise en place d’une structure de prise en charge des victimes à plus long terme. Animé par l’association d’aide aux victimes locale, SOS Aide aux habitants  et réunissant l’ensemble des acteurs compétents (administrations, associations), cet Espace d’information et d’accompagnement (situé au 6 rue du jeu des enfants à Strasbourg) a ouvert dès le lendemain pour continuer à accueillir les victimes  et les aider dans leur reconstruction.

Attentat de Strasbourg du 11 décembre 2018 - Dispositif interministériel d’aide aux victimes ©DR

 

Reflets d’histoires

Le 13 décembre, on pouvait découvrir à la BnF le dispositif national de création et d'éducation à l'image initié en 2016 par le Laboratoire de recherche cinématographique, « Lieux fictifs ». Cette expérimentation, qui s'adresse aux publics sous main de justice et aux habitants des quartiers prioritaires, consiste à réaliser un film court à partir d'images d'archives.
Pas à pas

Dans un corpus d’archives, choisir une image ; puis grâce à cette image, évoquer sa propre histoire, en faire un film : la proposition peut paraître insensée. « Il est même difficile d’en dessiner les contours. » nous dit Lisa Pedel, coordinatrice culturelle au Centre pénitentiaire de Villepinte.

Ce projet réunit pourtant depuis trois ans des professionnels d’horizons très différents : réalisateurs, éducateurs, coordinateurs culturels, responsables d’archives audiovisuelles. Les ateliers sont menés, à titre expérimental, dans trois régions : Île-de-France, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pendant dix jours, les participants, par groupes de six ou huit, sont accompagnés pas à pas par les intervenants. A l’issue du processus, seuls ou en binômes, ils auront réalisé un court-métrage.

L’image comme matière brute

« La première étape consiste à créer une palette d’images dans laquelle les participants vont pouvoir s’immerger. » commence Caroline Caccavale, productrice et réalisatrice de « Lieux fictifs ». Les corpus sont constitués par l’Institut national de l’audiovisuel (INA), le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et la Bibliothèque nationale de France (BnF). « Nous choisissons les images pour leur intérêt esthétique mais surtout, ajoute la réalisatrice, parce qu’elles font récit ; ces images doivent pouvoir être les « activateurs » de quelque chose. » C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles sont privées de leur bande sonore originale, décontextualisées, de façon à mobiliser l’imaginaire le plus possible.

Face à l’image

4 fois 15 minutes : c’est le temps de visionnage proposé aux participants, entrecoupé de pauses car la diffusion d’images dépourvues de sons peut provoquer différents types d’états : la panique, la curiosité, l’endormissement, le rejet... A ce propos, Caroline Caccavale précise : « le rejet est une base importante. On peut travailler contre les choses. Le tout, c’est d’avoir un mouvement. » Un mouvement mais aussi des émotions qui ne viennent pas tout de suite, comme le précise Vilma Collet, éducatrice à l’Unité éducative d’activités de jour de Malakoff. « Certains jeunes ferment les yeux, s’endorment mais c’est dans ces moments de lâcher-prise que les images agissent. »

A l’issue du visionnage, les intervenants demandent aux participants de conserver en mémoire quatre images, puis de les dessiner. Ces images, qui font écho aux différents parcours, sont ensuite épinglées au mur avec leurs photogrammes(*). C’est seulement à partir de là que les participants vont poser des mots dessus. Tout ce qui arrive alors, mots ou phrases, est noté.

Un autre regard

Après une rapide formation au montage, les participants vont ensuite travailler les images, couper, coller, ralentir… Se les approprier, en faire un objet personnel qui sera projeté en public, leur permet de retrouver confiance en eux. « Le but ultime, c’est que les jeunes se voient différemment. », nous dit Julien Troullioud, coordinateur culturel à la Direction interrégionale des services pénitentiaires sud-est. « Ces ateliers permettent de réactiver l’imaginaire qui est contraint en milieu fermé, d’investir la détention avec des activités culturelles. », ajoute Lisa Pedel.

Dans un contexte qui n’est, au départ, pas favorable à la création, l’activité culturelle peut ainsi devenir un véritable levier de réinsertion.

A noter : une édition DVD est en préparation, en partenariat avec le CNC (Images de la culture).

 

En savoir plus :

 

©C.Koch

 

 

 

 


* Au cinéma, le terme « photogramme » représente la plus petite unité de prise de vue, l'une des photos élémentaires dont un film est constitué, à raison de 24 images par seconde à vitesse normale de prise de vue.