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Le dernier guillotiné de France et d’Europe de l’Ouest

H. D. sera le dernier criminel à mourir dans les prisons françaises en 1977. Le tunisien âgé de 27 est condamné à mort pour le meurtre, précédé de longues séances de torture, de son ancienne compagne. Son procès et son exécution relance le débat de la peine de mort dans l'hexagone.
Proxénétisme, séquestration, torture et assassinat

Un soir en 1973, H. D. veut contraindre sa compagne à avoir des relations sexuelles tarifées avec d’autres hommes. Celle-ci refuse catégoriquement et va porter plainte pour proxénétisme. Après plusieurs mois de détention, il jure de se venger. Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1974, il enlève la plaignante sous la menace d’une arme et la séquestre à son domicile. À cet instant précis, la vie de la jeune femme de 22 ans bascule. Violée, battue et brûlée au niveau des parties génitales, elle est entre la vie et la mort. Il la transporte nue et inconsciente à une quarantaine de kilomètres de Marseille où il l’achève en l’étranglant. Les faits se déroulent sous les yeux de deux mineures avec qui il entretient une relation amoureuse violente et qu’il force à se prostituer. L’une d’elles porte plainte quelques jours après que le cadavre ait été retrouvé. Après plusieurs mois de cavale, le fugitif est arrêté. Il reconnaît les faits et accepte de collaborer avec les autorités dans l’espoir d’obtenir la clémence de la justice française.

Des actes indéfendables et la grâce présidentielles refusée

Les deux avocats de l’accusé - Emile Pollak et Jean Goudareau - fouillent dans le passé du Tunisien afin de découvrir des éléments qui pourraient se présenter comme des facteurs atténuants. Devenu unijambiste en 1971 à la suite d’un accident de travail, ils expliquent que cet épisode a brisé moralement leur client qui a sombré dans l’alcool. Malgré cela, les avocats ne peuvent éviter la sentence de mort de l’accusé. Le procureur général Chauvy parle « d’une âme démoniaque » et les experts psychiatriques « d’un colossal danger social ». Le 8 septembre 1977, Valérie Giscard d’Estaing lui refuse la grâce présidentielle. Il est donc le troisième condamné à mort sous son mandat après Christian Ranucci et Jérôme Carrein. Deux jours plus tard, peu avant l’aube dans la prison des Beaumettes à Marseille, l’heure de H.D. a sonné.

 

Une justice française qui ne tue plus

Il faudra attendre le 9 octobre 1981, sous la présidence de François Mitterrand, pour que la peine de mort soit abolie en France puis inscrite dans la Constitution en février 2007 sous le mandat de Jacques Chirac. « La justice française ne sera plus une justice qui tue » déclarait Robert Badinter dans son célèbre discours à l’Assemblée Nationale.

 

Léa Lucas
IFP/ Master 2

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